Rocher de l'Oiseau

        

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 Le Rocher de l’Oiseau est situé dans l’ouest du Pontiac, dans la province du Québec. C’est un rocher abrupt, de 150 mètres de haut qui surplombe la Rivière des Outaouais près de Chalk River en Ontario. C’était un site sacré pour les Amérindiens qui ont laissé sur place un remarquable héritage d’anciens pictogrammes que l’on peut encore observer de nos jours.

 Situation

Le Rocher de l’Oiseau est un immense affleurement rocheux sur la Rivière des Outaouais dans la région du Pontiac, dans la province du Québec. Il est situé en face du Laboratoire de recherche de l’Énergie Atomique du Canada à Chalk River en Ontario. Cette partie de la Rivière des Outaouais est magnifique. La rivière se rétrécit, le niveau de l’eau est plus profond et le canal est entouré par la chaîne des Laurentides. D’imposants pins verts bordent l’eau bleue de la rivière. Au côté des Laboratoires, on y trouve quelques villégiatures. Le rocher est situé approximativement neuf mille en aval de Deep River en Ontario, dix huit mille en amont de Pembroke en Ontario et huit mille en amont de Fort William au Québec.

Les personnes de la région le prononcent Rocher Aweeso, corrompant le mot français. Lorsqu’on s’approche du Rocher depuis l’aval (la fin de Petawawa), il ne peut pas être vu, la Pointe de l’Oiseau nous cache sa vue. L'apparence du Rocher est d'autant plus spectaculaire lorsqu’on l’aperçoit : un massif montagneux qui surplombe la Rivière, atteignant une hauteur vertigineuse avec des petits pins s’accrochant au rocher et à ses interstices.

Accès

Il n’y a pas d’accès par route, la seule voie d’accès est par bateau. Les bateaux peuvent être mis à l’eau à Pembroke, Petawawa et Deep River en Ontario et à Fort William au Québec. Les bateaux peuvent être ancrés sur une plage de sable à l’est de la Pointe à l’Oiseau. Pour avoir plus de renseignements sur les activités nautiques sur la rivière des Outaouais, contactez les personnes responsables de la voie navigable.

Promenade à pied au sommet du Rocher

Des tables de pique-nique sont à votre disposition ainsi que des toilettes extérieures sur la plage. Vous pouvez emprunter un sentier à pied qui vous mènera au sommet du Rocher de l’Oiseau. La montée dure environ 20 minutes. À un endroit, c’est raide et rocheux, il est utile de s’aider de petits arbres. Au sommet, le sentier se sépare en deux. L’un des sentiers mène vers un belvédère sur la Rivière des Outaouais et la plaine de Petawawa, l’autre sentier mène vers un lac naturel (alimenté par de l’eau de source souterraine).

Au belvédère, les enfants doivent être surveillés, car il n’y a pas de barrière et le sol s’érode à cet endroit.

Ce lac ne porte pas de nom, c’est un endroit très calme. Profitez-en pour prendre un bain et manger à l’une des tables de pique-nique. Un autre lac est situé un peu plus loin. Vous verrez également un autre rocher élevé qui vous offre une vue spectaculaire, mais il n’y a pas de sentier pour s’y rendre depuis le premier lac.

La façade du Rocher – Site sacré

Lorsque l’on s’approche du Rocher, vous y verrez de nombreux graffitis. Certains ont 50 à 60 ans. Malheureusement, ces graffitis recouvrent les peintures rupestres (pictogrammes) qui ont été faites par les peuples des Premières Nations. Ces pictogrammes sont des écritures en images qui ont été dessinées par les Algonquins. Ces peintures ont été faites avec de l’ocre rouge, ce minéral est trouvé à beaucoup d’endroits au long du Bouclier Canadien. La mine la plus proche contenant ce minéral est située à Mattawa. Non loin de là, sur l’Ile Morrison sur la rivière des Outaouais, près de Pembroke en Ontario, des archéologues ont trouvé un site de 5000 ans où le minéral a été parsemé autour des morts. Le minéral était mélangé avec de l’huile extraite soit de l’esturgeon, du sang, de la graisse animale, de jaune d’oeuf ou même de miel. Lorsque cette peinture est appliquée sur la surface rocheuse, elle tient très longtemps. Heureusement, plus longtemps que les peintures utilisées pour les graffitis.

Le Rocher de l’Oiseau contient tous les éléments typiques pour un site sacré : un mur rocheux vertical aux abords de l’eau. Ici, le ciel, la terre et l’eau se rejoignent de telle sorte que le Manitou (l’esprit) peut voyager d’un monde à l’autre. Les Amérindiens croyaient également que les esprits demeuraient dans les créatures – humaine ou animale – et même dans les composants de la terre, telle que les rochers. Les pictogrammes étaient créés à un endroit où habitaient les Manitous. On pense qu’une image est un témoignage à une expérience spirituelle par laquelle un puissant guérisseur à décrit son entrée dans le rocher à la recherche d’un remède.

Histoire du Rocher de l’Oiseau

Les données historiques indiquent que les Amérindiens ont considéré le Rocher de l’Oiseau comme un site sacré. Dans le 17e siècle, un explorateur à relaté que les Amérindiens ont fait des offrandes à cet endroit en lançant des flèches enrobées de plante de tabac par dessus le Rocher. En 1913, un Indien Temagami a raconté à un anthropologue qu’il y avait une image de Nanabojou (un Manitou Ojibwa) sur le rocher sur la Rivière des Outaouais.

Encore maintenant, de nombreuses légendes algonquiennes sont associées au Rocher. Une des légendes est qu’un bébé a été sauvé par un aigle alors qu’il tombait du haut du Rocher. Une autre histoire raconte comment un aigle a arraché un bébé des bras de sa mère et a volé vers le sommet du Rocher. La mère a vaillamment grimpé jusqu’au sommet du Rocher et a arraché son bébé des griffes de l’aigle. Une histoire plus tragique nous raconte qu’une Indienne, accablée de chagrin par la mort de son bien-aimé, s’est donné la mort en sautant du haut du Rocher.

 D’autres peintures rupestres mettent en évidence des poissons, des canots, des têtes de flèches et une figure humaine avec une arme. Selon le Dr. Daniel Arsenault, un archéologiste de l’Université de Laval : « … ce site est le plus grand en ce qui concerne les peintures rupestres connues au Québec faisant partie du Bouclier canadien… et fait parti de seulement quelques peintures rupestres reproduites sur un tel affleurement rocheux parmi la forêt boréale canadienne. »

Vers la fin des années 1970, un autre archéologiste, Gilles Tasse et le défunt Selwyn Dewdney, le plus important expert de pictogrammes au Canada, ont visité le Rocher de l’Oiseau. Ils ont publié un rapport qui représente les images rupestres. Depuis lors, quelques images ont été recouvertes de graffiti. On compte 15 à 20 images. Une peinture murale est située près d’une veine de roche blanche et cette localisation n’est pas le fait du hasard.

Les spécialistes ont tenté d’apporter des significations à ces images. Quelques explications plausibles pour ces images trouvées sur les peintures rupestres sur le Bouclier sont reliées avec les pictogrammes du Rocher de l’Oiseau et sont expliquées ci-dessous :

Cette image pourrait représenter Nanabojou aussi appelé Weeskijock (Le Manitou qui a créé la terre, les animaux et les plantes). Nanabojou était le premier concepteur d’outils en pierre, ainsi les points de pierre indiqués sur le pictogramme pourraient rendre hommage à cet esprit et favoriser l’accumulation de silex pour la conception d’outils. Aussi, les armes pointées vers le haut pourraient signifier que la personne en quête a été atteinte par le Grand Manitou qui est le Grand Esprit, le plus grand Manitou et à reçu des cadeaux. Une personne en quête de médicaments aurait jeûner et il a rapporté le nombre de jours de jeûnes par les marquages situés au-dessus de la figure.

Les bateaux sont des motifs souvent représentés dans l’art rupestre. Ils peuvent représenter différentes choses, par exemple, un bateau représentant le mouvement des esprits ou les shamans voyageant vers d’autres mondes. Souvent, ils ont une avancée semblable à un bâton qui est probablement utilisée comme une torche pour harponner les poissons la nuit.

Cette image représente certainement un ours, animal particulier pour les Algonquins. Un amérindien raconta à un anthropologue que l’esprit d’un ours chassé retourne au Manitou des ours dans une montagne. Les traces pourraient signifier un voyage réel ou métaphorique.

Cette image représente un oiseau et peut être rapportée aux légendes concernant le Rocher de l’Oiseau. Thunderbird -oiseau du tonnerre- était un Manitou puissant qui aidait les personnes à chasser les mauvais Manitous de la terre et des eaux.

Ces poissons pourraient être des totems des occupants. Un totem est l’emblème d’une famille, d’un groupe ou d’un individu.

 

Cette figure pourrait représenter un missionnaire non-amérindien vêtu de sa robe noire ? Sa tête n’a pas pu être récupérée.

 

Enfin, cette figure représente un serpent. Le serpent serait en train de lutter avec l’Esprit thunderbird (oiseau du tonnerre).

Cette écriture dessinée sacrée représente une vue du monde et une croyance dans le Manitou qui est complexe. Bien que, pour une personne non-amérindienne du Judéo-Christianisme, cela ne représente pas patrimoine, il est tout de même étroitement relié à notre terre. Nous sommes contraints de protéger les anciens témoignages qui nous éclairent sur la culture et la spiritualité des premiers Peuples.

Le Rocher de l’Oiseau en tant que site récréationnel

photo d’un bateau à vapeur passant le Rocher en 1882Dans le milieu des années 1900, les bateaux à vapeur étaient les premiers moyens de voyage, prenant les gens et les marchandises sur la Rivière. Le bateau à vapeur quittait Pembroke et faisait plusieurs arrêts, dont un au Rocher de l’Oiseau, en route vers Des Joachims. Souvent, lorsque le bateau atteignait la façade du Rocher, le capitaine donnait un coup de sifflet et le son faisait un écho sur les parois rocheuses. Depuis lors, le Rocher à été visité fréquemment par les canots, les croiseurs, les voiliers, les bateaux maison et maintenant les Motomarines. Tous viennent regarder le plus ancien des rochers et grimper vers son sommet. Pour certains – qu’ils soient jeunes ou vieux, c’est un événement annuel.

Le Rocher a été visité souvent. Dans les temps anciens, les peuples des Premières Nations ont fait des offrandes au Rocher et ont laissé leurs images gravées sur les façades du Rocher; les explorateurs et les marchands de fourrures ont voyagé et ont été plus tard suivis par les premiers colons, puis les bateaux à vapeur.

De l’autre côté de la rivière se trouve Point au Bapteme, un endroit de plage de sable ou les voyageurs étaient plongés dans les eaux profondes comme une initiation à leur vocation. Des artefacts anciens ont été trouvés à cet endroit, qui indiquait également la présence d’Amérindiens. Bien que l’on ne peut pas s’arrêter à cet endroit depuis que ce site fait partie de la Base des Forces canadiennes de Petawawa, cela vaut la peine de passer à proximité pour apercevoir cette belle pointe de sable blanc.

Le Rocher de l’Oiseau dans le futur

Malheureusement, des vandales ignorants ont recouvert avec des graffiti beaucoup de ces images amérindiennes sur la façade du Rocher et on dégradé sévèrement l’apparence du Rocher de l’Oiseau. On espère que les responsables du Gouvernement du Québec vont inspecter ce site pour faire un point sur ce lieu historique et écologique depuis que l’on a aperçu des nids d’aigle sur le Rocher. Le site devrait recevoir une désignation particulière – territoire protégé- ou devenir un parc régional. Quoique le Gouvernement du Québec fasse, il faudra protéger les aigles, les pictogrammes et la beauté magnifique du Rocher de l’Oiseau.

Pendant ce temps, les experts en pictographies préconisent une éducation du public comme moyen de protéger un tel patrimoine unique. Sans se soucier des raisons pourquoi on apprécie le Rocher de l’Oiseau, les personnes nous ont dit de s’abstenir de peindre sur les rochers et qu’ils conseillent à d’autres de faire la même chose. Nous avons créé un programme d’intendance « Les Amis du Rocher de l’Oiseau » pour présenter et conserver les pictogrammes. Plusieurs artistes, des résidents locaux, les représentants gouvernementaux et des guides d’aventure nous ont rejoints dans ces efforts.

L’enlèvement des graffiti est coûteux et demande un processus technique et, à ce jour, nous ne savons pas si cela est faisable pour le Rocher de l’Oiseau. En août 1998, deux conservateurs de l’Institut de Conservation du Canada inspectent le site pour déterminer si le graffiti peut être enlevé. Malheureusement, après inspection, ils ont constaté qu’il s’agit là d’un des plus grands désastres de graffiti sur un site de peintures rupestres. Nous attendons leur rapport final, mais d’après eux, le nettoyage des graffiti prendrait plusieurs années.

Nous allons lancer une campagne de levée de fond dans le but de recueillir des fonds pour la présentation et la conservation des pictogrammes du Rocher de l’Oiseau. Sharon Girdwood, une artiste lauréate de Chalk River a réalisé une oeuvre, en édition limitée, du Rocher de l’Oiseau. Sharon est une fervente amoureuse de la nature, guide de canoë et une artiste de talent. Pendant qu’elle faisait une excursion en canot, elle découvrit un site de pictogrammes et en informa quelques archéologues. Le site porte son nom « Le site Girdwood ». Une partie des ventes de cette oeuvre sera attribuée pour la conservation des pictogrammes du Rocher de l’Oiseau. Ce dessin au crayon, intitulé Magnifique vues du Bouclier nous montrent les différentes légendes se rapportant au Rocher de l’Oiseau, cachées en tant qu’images dans la roche.

 

La publication et les cartes artistiques sont disponibles auprès de :

Sharon Girdwood, Chalk River, Ontario (613) 589-2631

Les Amis du Rocher de l’Oiseau, c/o Joann McCann, Ottawa, Ontario (613) 737-7796

Amazon Voluptus, Chapeau, Québec (819) 689-5798

Picture Framing Centre, Pembroke, Ontario (613) 732-1912

Custom Picture Framing & Art Gallery, Petawawa, Ontario

c/o Mike Kelly, (613) 687-5822

Si vous souhaitez contacter « Les Amis du Rocher de l’Oiseau », téléphonez au (613) 737-7796 ou envoyer un message par courrier électronique à : magills@cyberus.ca

Bibliographie et pour obtenir plus de renseignements sur les sujets traités

Arsenault, Daniel, Ph. D. Université Laval, Québec. Correspondances et rapport en attente de publication.

Conway, Thor. Painted Dreams : Native American Rock Art. (Rêves en peinture : Art rupestre amérindien)

Kennedy, Clyde. The Upper Ottawa Valley : A Glimpse of History. Renfrew County Council, Pembroke, Ontario, 1970.

La Haute Vallée d’Ottawa : Un aperçu historique.

Kennedy, Clyde. Is Oiseau (Bird) Rock Endangered ? (Le Rocher de l’Oiseau est-il en danger ?) The Ottawa Archaeologist. May 1985, Vol. 12, No. 4

Legget, Robert. Ottawa Waterway : Gateway to a Continent. (La voie navigable de l’Outaouais : Une porte d’entrée vers un continent). University of Toronto Press, Toronto, Ontario, 1975.

Rajnovich, Grace. Reading Rock Art : Interpreting the Indian Rock Paintings of the Canadian Shield. (Lecture des peintures rupestres : Interprétation des peintures rupestres indiennes dans le Bouclier Canadien) Natural Heritage/Natural History Inc., Toronto, 1994.

Tasse, Gilles. Premières Reconnaissances. In Releves et Travaux Récents sur l’Art Rupestre Amérindien by Gilles Tasse and Selwyn Dewdney. Université de Québec à Montreal, Collection Paléo-Québec 8 :38-63.

Nous tenons à remercier le conseil municipal de Sheenboro pour leur soutien pour l'entretien du site du Rocher de l'Oiseau.

 

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Mise à jour : 15-04-2005 / Updated : 04.15.2005   
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