Culture

        

Première époque, la vie dans les grands bois

Le chef Pontiac
Le truchement
Étienne Brulé
Le coureur de bois
La légende de Jean Cadieux
Champlain
l'explorateur

Deuxième époque, la fin des grands bois

L'exploitation forestière et la drave
George Bryson, le baron du bois.
Le colon

 

Pontiac
Pontiac

Pontiac
Pontiac

Pontiac et ses guerriers
Pontiac et ses guerriers

Guerrier Outaouais en 1530
Guerrier Outaouais en 1530

Camps indien
Camps indien

L'histoire, reflet d'une culture

Depuis des millénaires, le Pontiac est habité par des amérindiens. D’abord les archaïques Laurentiens, d’habiles artisans qui occupèrent la région entre 2000 et 4000 avant JC. Dans une grande partie du Nord Est américain, on retrouve des objets de leur fabrication. Les sites archéologiques, nombreux dans la région, n’ayant été que très peu fouillés, on ne possède que des informations partielles sur les groupes humains qui se sont succédés jusqu’aux alentours de l’an 1000, période ou les Algonquins peuplèrent la région.

Dès 1615, la rivière des Outaouais devient une artère commerciale utilisée par les peuples de l’Ouest pour commercer avec les Français. Les Algonquins en profitent pour prélever leur dîme. Vers 1640, les Iroquois font des raids meurtriers sur la rivière des Outaouais, obligeant les Algonquins à quitter la région pour des lieux plus sûrs. Le grand fleuve étant une route commerciale vitale pour la nouvelle France, des forts, des postes de traites, des comptoirs fortifiés furent bâtis pour assurer la sécurité des voyageurs et collecter les précieuses fourrures. C'est ainsi que naquirent Fort Coulonge, Lac des Allumettes (Fort William), Rapides des Joachims. C'est la grande époque des coureurs de bois. Le début des années 1800 marque un tournant décisif dans l'avenir de la région. Les premières exploitations industrielles du bois apparaissent, la naissance d'Ottawa créée des besoins nouveaux et des carrières sont ouvertes dans la région. Les premiers colons s'installent et les champs de blé remplacent les forêts de pins blancs centenaires. Les frêles canots d'écorces des derniers trappeurs croisent de majestueux bateaux à vapeur qui ouvrent la route à la colonisation. Puis vint le chemin de fer qui entraîna la disparition des bateaux à vapeur, puis vint la route qui condamna le rail, pour le grand plaisir des cyclistes que nous sommes !

Les grandes figures du Pontiac

Première époque, la vie dans les grands bois

Le Chef Pontiac

Né de père Odawa et de mère Ojibway en 1720 au bord du lac Nipissing, il devint chef des Ottawa et chef suprême de la confédération des Algonquins des Grands Lacs grâce à ses qualités de stratège et de communicateur. Allié des Français et ami fidèle de Montcalm, Pontiac a dirigé les Ottawas au combat et se distingua à la bataille de Monongahéla en 1755. Après la défaite des Français, les Britanniques devinrent durs envers les Indiens. Pontiac reprit la lutte pour reconquérir ses territoires et se libérer de l'oppression des Britanniques. Fait unique, il réussit à unir dix-huit nations pour faire la guerre aux Anglais. En mai 1764, il déclencha une insurrection et pris 9 postes anglais sur 11. La Pennsylvanie, la Virginie et la Nouvelle-York furent saccagées. Il passa à deux doigts de réussir sa conquête, mais le Fort de Détroit, secouru par des Canadiens français, résista au siège. Les Britanniques envoyèrent des renforts et répandirent des épidémies avec des couvertures contaminées dans les villages indiens. Pontiac dut battre en retraite le 18 août, mais il lutta encore un an malgré l'abandon de certains alliés. En 1765, le brigadier Bouquet, à la tête de fortes troupes obligea Pontiac à abandonner le combat et signer un traité de paix. Malgré cela, Pontiac voulait continuer la lutte par des moyens politiques ; il tenta de créer un gouvernement indien, il essaya d'envoyer des Outaouais faire des stages en Angleterre pour apprendre les techniques de fabrication des étoffes afin de créer des industries. Les Britanniques, craignant ces idées progressistes, brisèrent la réputation de Pontiac en faisant courir le bruit qu'ils l'avaient achetés. Pontiac fut banni et dut aller vivre loin de ceux qu'il avait tant aimés et pour lesquels il avait tant lutté. Il mourut assassiné par un Péorias en 1767. Pontiac fût enterré avec les honneurs militaires dus à son rang sur les rives du Mississipi par la garnison Française des Forts de Vincennes et de Chartres commandés par le capitaine Louis Saint-Ange de Bellerive.

 

Brulé prisonnier des Hurons
Brulé prisonnier des Hurons

Brulé
Brulé

Champlain et Brulé
Champlain et Brulé

Le truchement

Dès les premiers contacts entre les Européens et les Indiens, des volontaires partirent vivre avec les Amérindiens pour former des interprètes, appelés truchements. Leur rôle fût primordial lors de la naissance de la Nouvelle-France car ils fournissaient des renseignements sur le pays. Ils servirent d'intermédiaires entre les Indiens et les Français et favorisèrent la bonne entente entre les deux communautés. Par contre, au contact de cette vie libre et aventureuse, ils développèrent un goût marqué pour la liberté et ne supportèrent plus aucune des contraintes de la vie civilisée. Ils devinrent très vite les bêtes noires des Récollets, puis des Jésuites, car ils montraient le mauvais exemples aux Indiens, allant même jusqu'à gêner les conversions.

Étienne Brulé

Né en 1591, il débarqua très jeune à Québec avec Champlain. Après deux hivers passé à l'Habitation de Champlain sur le site de ce qui allait devenir la ville de Québec, il partit avec un groupe d'Algonquin vers l'Outaouais, le Pontiac et la Baie Géorgienne. Il fut certainement le premier Blanc à explorer ces territoires encore inconnus. Il vécut quelques temps à l'Île-aux-Allumettes. Tour à tour explorateur, interprète et représentant de Champlain, il eut une vie tumultueuse. Excellent interprète, il était capable de converser aussi aisément avec des Montagnais, des Algonquins, des Hurons que des Andastes.
En 1615, il fut chargé par Champlain de rassembler une armée de 500 Andastes pour partir en guerre contre les Iroquois. Il devait rejoindre Champlain près de Syracuse où celui-ci assiégeait un village d'Onnontagués avec une armée huronne. Champlain fut blessé deux fois et dut lever le siège. Brûlé arriva trop tard. Il fut capturé et torturé par les Iroquois en 1616, mais il parvint à s'enfuir. Les Hurons, alliés des Français, l'adoptèrent, ce qui ne l'empêcha nullement de se mettre au service des frères Kirke qui prirent Québec en 1629 pour le compte des Britanniques. Quelques années plus tard, il fut tué par les Hurons qui lui reprochaient ses turpitudes sexuelles.

 

commercant francais en 1760
Commerçant français en 1760

Village Huron
Village Huron

Canot en 1703
Canot de voyageurs 1703

L'Amérique en 1566
Carte de l'Amérique en 1566

 

Le coureur de bois

Avec le développement du commerce des fourrures, les castors se firent de plus en plus rares. Les Indiens qui fournissaient les peaux, victimes des guerres tribales et des épidémies, devinrent également plus difficiles d'approche. Vers l'ouest, de grands espaces vierges où les fourrures étaient encore abondantes attendaient les aventuriers. Une nouvelle génération de coureur de bois naquit pour aller au-devant de ces richesses.
Un riche commerçant finançait l'expédition, achetait le canot en écorce, la pacotille, les vivres et embauchait un équipage d'une dizaine d'hommes que l'on nommait des voyageurs. L'équipe était constituée d'un guide, d'un conducteur de canot, d'un interprète, d'un commis et d'un équipage souvent débutant. La navigation était difficile et dangereuse, car le moindre choc contre une rocher ou un bois flottant crevait l'écorce, ce qui gâchait les vivres. Tous les soirs, le canot était déchargé, sorti de l'eau, inspecté et réparé. Les journées étaient longues puisqu'ils partaient tôt le matin et ne s'arrêtaient que tard le soir. Les efforts étaient d'autant plus éprouvants que la nourriture consistait en une bouillie de maïs accompagnée d'un peu de graisse. À l'automne, avant les premiers frimas, ils choisissaient un lieu d'hivernement sûr, à proximité d'un village indien et d'un lac ou d'une rivière où ils pourraient pêcher pour assurer leur subsistance. Ils construisaient un fort et des logis, le tout sous la direction du commis. L'installation terminée, ils commerçaient tout l'hiver avec les Indiens et collectaient les fourrures des tribus, même lointaines, organisant pour ce faire de nombreuses expéditions. Au printemps, les canots chargés de fourrures reprenaient la route de Montréal. L'arrivée en ville des équipages donnait lieu à de nombreuses réjouissances et beuveries. Beaucoup de voyageurs se mettaient à leur compte et illégalement, commerçaient la fourrure. Le plus grand nombre prenait femme chez les Amérindiens. Refusant toutes contraintes, ils préféraient la vie sauvage au retour à la ville, ce qui affaiblissait considérablement la jeune colonie et inquiétait les autorités qui essayaient par tous les moyens de freiner l'exode. L'Outaouais était l'un des lieux de passage obligé des coureurs de bois qui profitaient de leur halte au portage de l'Île-du-Grand-Calumet pour se recueillir sur la tombe du plus célèbre d'entre eux : Cadieux.

La légende de Jean Cadieux

Jean Cadieux, coureur de bois, avait fondé une famille avec une femme algonquine, Marie Bourdon. Il était né à Boucherville, le 12 mars 1671 de Jean Cadieux et de Marie Valade, dont il était le fils cadet. Chasseur et trappeur, il traitait avec les Indiens et échangeait des fourrures contre les provisions et les produits manufacturés qui lui permettaient de passer l'hiver encabané au fin fond des bois.  Par un beau jour de mai 1709, il descendait avec quelques Indiens de l'île Morisson à Montréal pour aller vendre des fourrures. Lors d'une halte aux portages des sept chutes à l'Île-du-Grand-Calumet, l'un de ses compagnons, un jeune Algonquin parti en reconnaissance, repéra un groupe de guerriers iroquois venu tendre des embuscades aux voyageurs pour s'emparer des précieuses fourrures. Pour s'échapper, il fallait franchir des sauts infranchissables et cela, sous une nuée de flèches ! Afin d'augmenter les chances de survie de ses compagnons et de sa famille, Cadieux décida avec un jeune guerrier algonquin de faire diversion et d'attirer les Iroquois loin des rapides pour leur permettre de les franchir en toute quiétude. Tous se cachèrent au fond de leur canot en amont des rapides, prêts à partir au signal convenu, soit un coup de fusil.

Une heure plus tard, Cadieux et son compagnon prirent les Iroquois à revers et les attirèrent loin des rapides. Un échange de coups de feu s'ensuivit : c'était le signal qu'attendait les compagnons de Cadieux pour s'élancer dans les terribles rapides, sous l'oeil médusé de quelques Iroquois qui n'en revenaient pas et qui étaient plus préoccupés à se protéger des assaillants que de tirer sur les fuyards. Avec une dextérité hors du commun, les canotiers algonquins conduisirent les frêles esquifs d'écorces au milieu des flots rugissants, évitant tout contact avec les rochers qui auraient pu déchirer les fragiles écorces de bouleaux, ce qui les auraient conduit à une mort certaine. Deux jours durant, ils naviguèrent à un rythme d'enfer et atteignirent le lac des Deux Montagnes où ils trouvèrent refuge au Fort.

Ne le voyant pas revenir, trois de ses compagnons, après avoir mis familles et fourrures en sécurité, partirent à la recherche de Cadieux. Les Iroquois avaient quitté l'île et les Algonquins trouvèrent un petit abri de branche vide près du portage des sept chutes. Les guerriers algonquins partirent à la recherche de leurs compagnons, lisant les traces laissées par les agresseurs et assaillants comme dans un grand livre. Le jeune algonquin avait été tué et, trois jours durant, les Iroquois avaient battu l'île à la recherche de Cadieux qui continuait à guerroyer, aussi insaisissable qu'une ombre !

Après deux jours de recherches infructueuses, ayant perdu tout espoir de retrouver Cadieux, ils découvrirent une croix de bois plantée en terre près de l'abri qu'ils avaient remarqué à leur arrivée. Et là, à demi enterré, gisait le corps de Jean. Il tenait entre ses mains une longue écorce de bouleau sur laquelle, avant de mourir, il avait transcrit sous forme d'une complainte, son épopée.

Il avait réussi à échapper aux Iroquois, mais épuisé, affaibli par trois jours de guérilla et de privations, il avait vu revenir ses compagnons, mais sans trouver la force de les héler. Il s'était préparé à la mort, creusant sa tombe et y plantant une croix après avoir composé sa complainte. Il s'était ensuite enseveli avec ses dernières forces, attendant la mort en un lieu dit le Petit Rocher de la Haute Montagne.

Cent cinquante ans plus tard, Jean-Charles Taché relate que la légende de Cadieux était tellement vivace que les coureurs de bois qui passaient sur l'Outaouais s'arrêtaient sur la tombe pour prier, entretenir la croix et en prendre un copeau pour leur porter chance. Certains accrochaient à un arbre proche une copie de la complainte écrite sur une écorce de bouleau. Taché transcrivit la complainte qui comportait onze couplets et retrouva un prêtre, le père Cadieux, qui lui confia que Jean Cadieux était le grand-père de son grand-père.

En 1905, les ouvriers qui construisaient le Palais de justice de Bryson demandèrent et obtinrent la permission de construire un monument de pierre à la mémoire de Cadieux à la place de la croix de bois, ce qu'ils firent sans aucune solde, par seul soucis d'honorer la mémoire de Cadieux.

Commença ensuite la guerre des monuments entre Bryson et l'Île du Grand Calumet, chacun revendiquant le droit de posséder le monument à la mémoire de Cadieux. Le monument fut saccagé puis détruit par des vandales. Pour le protéger, les habitants de l'île récupérèrent nuitamment le monument et l'installèrent dans un parc à l'entrée du village afin de veiller sur lui.

 

champlain dans la baie Géorgienne
Champlain dans la Baie Géorgienne

 

Champlain, l'explorateur

Explorateur, cartographe et écrivain, Samuel de Champlain laissa des textes qui nous permettent de mieux connaître la région avant l'arrivée des grands bouleversements que provoquèrent la traite des fourrures, les épidémies et les guerres indiennes.

Est-il encore nécessaire de présenter Champlain ? Il est né en 1570, à Brouage en Saint-Onge. Soldat, marin, géographe, explorateur, fondateur de la ville de Québec, de Ville-Marie, qui devint Montréal, et père de la Nouvelle-France, il passa à deux reprises dans le Pontiac. En France, Champlain rencontra Nicolas du Vigneau qui affirmait avoir atteint une mer au nord en moins de dix sept jours, aller-retour à partir de Ville-Marie. En 1613 accompagné de quatre Français, dont du Vigneau et d'un guide indien, Champlain remonta la rivière des Outaouais et reconnut la rivière Gatineau, la rivière Rideau, les chutes de la Chaudière, puis termina son périple à l'Île-aux-Allumettes où le chef algonquin Tessouat nia les affirmations de du Vigneau. Champlain eut toutes les peines du monde à sauver du Vigneau car les Algonquins, disant ne pas apprécier les menteurs, voulaient l'exécuter. En 1615, il reprit le chemin effectué en 1613, accompagné d'Étienne Brûlé, d'un domestique et d'une dizaine d'Indiens. Il remonta la rivière des Outaouais jusqu'à la Mattawa. Le 26 juillet 1615, il arriva dans le lac Nipissing. Il navigua ensuite dans la Baie Géorgienne, sur le lac Huron, en profita pour aller guerroyer avec un fort parti Huron. Il fut blessé deux fois au cours des combats et hiverna en Huronnie avant de rentrer à Québec l'année suivante.

Ce fut son dernier grand voyage d'exploration. Il se consacra ensuite au développement de la jeune colonie.

 

Radeau de bois sur l'Outaouais
Premier radeau sur l'Outaouais

Chantier forestier
Chantier forestier

Chantier forestier
Chantier forestier

Chantier forestier en 1871
Chantier forestier en 1871

radeau
Radeau

Glissoire des Chutes Coulonge
Glissoire des chutes Coulonge

Radeau de bois
Radeau

Le Ann Sisson
Le Ann Sisson

Une glissoire à radeau en 1880
une glissoire a radeau en 1880

Deuxière époque, la fin des grands bois

L'exploitation forestière et la drave

Dès la fin août, les colons quittaient leur ferme pour les chantiers forestiers. Souvent, seul les plus jeunes partaient dans les camps, les adultes restant à la ferme pour les travaux courant. Il n'était pas rare de voir des enfants d'une douzaine d'années s'engager pour bûcher ! Ils y restaient tout l'hiver et ne rentraient chez eux qu'au dégel, au printemps. Les équipes de bûcherons étaient composées d'environ 25 hommes et d'attelages de chevaux. Armés de haches et de scies, ils pouvaient abattre en une saison 2000 pins géants qu'ils transportaient au cours d'eaux le plus proche avec les chevaux de traits. Le ravitaillement des camps était effectué par des colons qui venaient vendre leur production : fèves, lard, farine, viande de porc constituaient l'ordinaire du bûcheron. Les camps, construits en bois rond, étaient déplacés tous les trois à quatre ans lorsque la forêt avoisinante avait été totalement coupée. Les hommes dormaient dans une vaste cabane meublée de lits superposés et d'une grande table et de bancs pour les repas. Au centre, un feu brûlait continuellement dans un bac à sable pour apporter la chaleur et permettre la cuisson des aliments. Un trou dans le toit permettait l'évacuation de la fumée.
Lors de la fonte des neiges, des petits barrages, des systèmes d'écluses étaient construits sur les ruisseau pour permettre le flottage des billes jusqu'aux rivières principales. Là, les plus expérimentés des bûcherons se faisaient draveur pour accompagner les billes de bois à destination, veiller à ce qu'elles ne forment pas d'embâcle. Les embâcles se formaient aux rétrécissements de rivières, là où des roches faisaient obstacles à la circulation des billes de bois familièrement appelées pitounes par les draveurs. À l'aide de perches, ils sautaient de billes en billes, essayant de décoincer et de guider les troncs pour qu'ils se libèrent et continuent leur route. Souvent, les draveurs payaient de leur vie leur participation à ce jeux de majhong géant.
La nature aussi était victime de ces pratiques. Les écorces des milliers d'arbres abattus et les pitounes perdues pourrissaient dans les eaux, polluant et modifiant le milieu. Les billes de bois labouraient les berges, accroissant l'érosion de façon spectaculaire, les herbiers et les frayères à poisson étant détruites en pleine période de reproduction ! La circulation en canot était devenue dangereuse pour les derniers indiens et coureurs de bois qui risquaient à tous moment de heurter des pitounes et de chavirer.
Dès que les billots arrivaient sur les grandes rivières, ils étaient assemblés en radeaux appelés cages, pour éviter qu'ils ne se dispersent et ne s'échouent. Lorsque les rapides risquaient de bloquer les cages, les radeaux étaient démontés et les draveurs guidaient les billes dans les rapides avec de longues perches et reconstituaient les cages dès que possible. Pour franchir les plus gros sauts de la rivière des Outaouais, de gros travaux de terrassement furent accomplis et des glissoirs à radeaux furent aménagés, ce qui permis aux cageux de franchir les rapides sans démontages des radeaux. La navigation des grands bateaux à vapeur marqua l'arrêt de la drave sur la rivière des Outaouais. Elle continua sur certains de ces affluents pour disparaître au fur et à mesure que le chemin de fer, puis les routes apparurent. Les pins blancs du Pontiac ont été utilisés pour construire les villes de Boston, New York et Chicago.

George Bryson, le baron du bois

En 1835, George Bryson quitta l'Ontario pour le Pontiac. Âgé seulement de 22 ans, il obtint une concession forestière. Il fit construire une glissoire à billot impressionnante sur les grandes chutes de la rivière Coulonge ce qui lui permis d'exploiter l'arrière pays et ces riches forêts. Sa fortune faite, il construisit la fameuse Maison Bryson, les maisons de pierre de Fort Coulonge et l'église presbytérienne. Tous ces majestueux édifices sont encore visible de nos jours. Tout à la fois forestier, fermier, il fonda une banque et se lança dans la politique.

 

Le trappeur

De nombreux coureurs de bois se sédentarisèrent et optèrent pour un mode de vie mi-occidental mi-indien. Prenant le meilleur des deux mondes, ils devinrent trappeurs. Vivant dans des cabanes en bois rond, fabriquant leur canot d'écorce, leurs raquettes, leurs vêtements, vivant libres et sans contraintes au fond des bois, ils comptaient sur leurs lignes de trappe pour amasser les fourrures qui leurs permettaient d'acquérir ce qu'ils ne pouvaient produire. Pour assurer leur subsistance, ils pouvaient effectuer des tâches aussi variées que trapper pour vendre les peaux et la viande, pêcher, chercher de l'or et des perles de moules d'eau douce, fabriquer des canots et des raquettes, bûcher et draver. Il y a peu, on rencontrait encore des trappeurs à l'ancienne dans l'Outaouais, mais l'arrivée de nouvelles lois réglementant la chasse et la pêche les ont plutôt marginalisés et rangés du côté des braconniers alors qu'ils ne faisaient que perpétuer le mode de vie de leurs ancêtres.
De nos jours, la trappe est fortement réglementée mais la tradition se perpétue encore. De nombreux fils et petits-fils de trappeurs utilisent encore leur loisirs pour entretenir les lignes de trappe.

Maison de colon
Maison de colon
rivière Noire
Photo Voillemont

Le colon

Venu de toute l’Europe principalement, fuyant les guerres, la misère, les épidémies, des colons courageux et débrouillards ont bâtis le Pontiac d’aujourd’hui. Fraîchement débarqués, ils se retrouvaient face à un univers qui leur était totalement étranger et hostile. Leur premier soucis était de construire une cabane en bois ronds ou équarri, d’une seule pièce, sans aucunes fenêtres. Les poutres étaient solidement assujettis ensemble grâce à un emboîtement en queue d’aronde dans les angles. Un mortier de chaux et de sable venaient ensuite combler les interstices entre les bois. Un plancher posé à même le sol apportait un peu de confort et isolait de l'humidité. Souvent la construction se transformait en vaste fête et tout le voisinage venait y participer. En fonction des moyens du colon, cette première maison pouvait être agrandie et embellie les années suivantes ou transformée en grange ou en étable si le colon construisait une maison d'habitation plus vaste. La ferme produisait tout ce qui était indispensable à la vie et les surplus étaient vendus. Lait, fromages, oeufs, céréales, légumes, fruits, pommes de terre, foin pour les bêtes, bois pour les constructions, les clôtures et le chauffage. Les animaux de traits étaient utilisés pour les labours, pour le transport et pour actionner des machines. La laine des moutons était tissée pour la fabrication des vêtements. Les colons les plus pauvres partaient l'hiver pour travailler dans les chantiers forestier. Le Pontiac regorge encore de fermes traditionnelles construites par les premiers colons.

 

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Mise à jour : 15-04-2005 / Updated : 04.15.2005   
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